Petits crimes contre l'humanité
Chroniques de nos petites hypocrisies

Petits crimes contre l’humanité est une pièce à tableaux, une comédie grinçante, qui s’amuse a critiquer notre société. L’hyperbole et le revirement de situation sont les deux mécaniques utilisées afin d’illustrer avec humour l’absurdité des comportements humains. Un couple angoissé se questionne sur l’efficacité du recyclage tout en faisant l’amour. Un homme en burnout lutte littéralement contre sa dépression, car celle-ci prend les traits d’un lutteur mexicain. Deux hommes, qui semblent être des animateurs d’une radio poubelle, se plaignent des “maudits jeunes qui sont tout le temps sur leurs tablettes”. On finit par comprendre qu’ils sont en fait deux crieurs publics de l’époque babylonienne, qui désapprouvent l’apparition de l’écriture et l’invention de la tablette d’argile. Comme quoi la démagogie n’a pas été inventée hier. Petits crimes contre l’humanité aborde autant de sujets variés, teintés d’absurde, qui dressent un portrait global, quoique peu flatteur, de notre société. Le tout, décliné en dix scènes d’une durée de cinq à quinze minutes.

Dans un sens plus large, la pièce parle de déshumanisation et de désengagement social. Dans chaque tableau, un personnage plus sensible, portant souvent une détresse ou une angoisse existentielle, se frappe à la froideur du “système” souvent représentée par un personnage en position d’autorité ou contraint par la société à être froids et insensibles.
Au travers de ces conflits entre humains, deux gros chiens naïfs et gaffeurs, apparaissant çà et là entre les tableaux, bousculent le rythme et rompent la tension dramatique. Ces deux gros toutous finissent par incarner l’idéal humain mieux que leurs maîtres. “Dogs are better people than people”, comme disait l’humoriste Ricky Gervais. À la toute fin de la pièce, alors qu’une mort imminente les guette (l’Inspectrice des condominiums craint qu’ils ne soient de race pitbull), leur maîtresse décide de les placer dans une fusée et de les envoyer dans l’espace, hors de la portée de la bêtise humaine.

Souvent grinçante, parfois angoissante, mais toujours avec un sourire en coin, Petits crimes contre l’humanité est une pièce qui fait réfléchir, tout en restant accessible à un large auditoire. La pièce a été présentée au Zoofest en 2016, a gagné de nombreux Coups de Pouces Professionnels lors de son passage à Vue sur la relève en 2017 et a participé au Festival Fous de Théâtre, ainsi qu’au Festival de Théâtre de rue de Lachine en 2018,. Avec sa scénographie épurée, ses sujets actuels et la variété de ses situations, Petits crimes revêt beaucoup de potentiel pour aller toucher un public aux quatre coins du Québec. Portée par l’énergie et la folie de cette jeune troupe, c’est un succès assuré.

Petits crimes contre l'humanité

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